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#61 2006-08-02 15:39:54

la_dodie
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Re : Lorsque le coeur est touché

Chapitre 19

    Trois jours plus tard, je me rendais chez Jean-Marc. Lorsque j’entrai, je fis des yeux étonnés par la beauté qu’il dégageait. Il était très bien habillé, merveilleusement coiffé et sentait comme toujours extrêmement bon. Je rentrai et le questionnai, inquiète :
    -Où vas-tu ?
    -J’ai un rendez vous
    -Privé ou pour ton travail ?
    -Avec ma banque
    -C’est UN banquier ou UNE banquière ?
    -Une banquière
    -Tu est vraiment très bien habillé pour un rendez vous de travail
    -Bon d’accord, je vais manger au restaurant avec elle après.
    -Elle est belle
    -Assez oui.
Je m’assis dans son canapé, pris ma tête entre mes mains et me mis à pleurer. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais un pressentiment. Je n’avais jamais ressenti cela. Jean-Marc s’approchai de moi et me dit tendrement en me caressant la main :
    -Ma chérie, tu sais très bien que c’est toi que j’aime mais il faut bien que je couvre notre relation
    -Tu as l’intention de faire quelque chose avec elle ?
    -Peut-être, j’en sais rien
Je me mis à pleurer deux fois plus fort. Il me dit alors :
    -Bon écoute, il faut que je m’en aille. En plus tu as école demain. On en reparlera.
Il m’embrassa et je rentrai chez moi. Je pleurais toutes les larmes de mon corps, étant sûre qu’elle serait le début de mes ennuis. Durant tout le reste de ma journée, je vomissais et j’eus des bouffées de chaleur incontrôlables. Je passai ma soirée à manger toutes les cochonneries qui se trouvaient entre mes mains.

    Le lendemain, lorsque je me réveillai, je regardai directement par la fenêtre et m’aperçus que la lumière était allumée chez Jean-Marc. Je fus rassurée car il n’avait pas passé la nuit chez cette banquière de malheur. Je me préparai et allai à mon arrêt de car qui se trouvait à quelques mètres de chez Jean-Marc. Lorsque je m’apprêtai à frapper à la porte de sa maison, Cédric, mon meilleur ami m’interrompait :
    -Je serais toi, je ne ferais pas cela.
    -Pourquoi ?
    -Il n’est pas seul
Un sentiment de colère m’envahie :
    -Comment ça « il est pas seul » ?
Au moment où je posai cette question, des jouissements se firent entendre. Cette garce était là et elle criait son prénom. J’étais remplie de jalousie et mes yeux pleins de larmes. Je me mis à regarder à toutes les fenêtres afin de voir ce qui se passait, espérant à une mauvaise interprétation de ce que je venais d’entendre mais ne vis rien. Ils n’étaient ni dans la cuisine, ni dans le salon, ni dans la salle de bain, ni dans le bureau ni dans la salle à manger. Seule la chambre avait les volets fermés mais la fenêtre ouverte. Je les entendais rigoler et s’amuser ensemble. Ils étaient tous les deux dans le lit ou, Jean-Marc et moi faisions l’amour ensemble et là, il était avec cette petite garce de banquière. J’étais dégoûtée. Au bout de quelques minutes, j’entendis la femme se lever.
Je me mis à la fenêtre du salon afin de voir ce qui s’y passait et la vis descendre calment des escaliers suivie de très près par Jean-Marc. C’était une grande blonde platine complètement pétasse par ses manières. Je la détestais déjà. Le car arriva à ce moment là et je courus pour ne pas le rater. Je montai dans le car, m’assit à ma place et me mis à pleurer, doucement. J’avais le cœur brisé et j’étais perdue. Le trajet passa à une vitesse invraisemblable et lorsque nous arrivâmes je fus brièvement étonnée. J’arrivais dans la cour, et tout le monde me regardait bizarrement, comme si une nouvelle rumeur circulait sur mon compte. Lorsque je rejoignis Bénédicte, elle me fit la bise froidement et me demandai au bout d’un silence interminable :
    -C’est vrai ce que les autres disent ?
    -De quoi ?
    -Et bien…Comment te dire…Que tu sort avec un mec de quarante ans ?
Je fus tellement surprise par cette révélation dont je ne savais de quelle source ils tenaient ses informations que mon visage devint livide. Je m‘asseyais sur le rebord de la fenêtre, le regard dans le vague et lui répondis, gênée :
    -Mais de quoi parles-tu ?
    -Il paraît que tu sors avec un mec qui a plus de quarante ans, c’est vrai ?
Je me sentais confuse entre deux idées : lui dire la vérité et risquer de perdre son amitié ainsi que d’être sûre que tout le collège se voie confirmer cette rumeur et de lui cacher la vérité. Je serai certainement mal à l’aise mais j’optai pour la deuxième solution.
    -Qui as osé te raconter de tels mensonges ?
    -C’est ce que j’ai entendu ce matin mais bon si tu me dis que non je te crois
    -Je le sais bien que tu me crois mais les autres ?
Elle haussa les épaules, pris un air approbateur puis un long silence régna. Au bout de quelques minutes, nous dûmes aller en cours. Durant toute ma matinée je dus affronter tous ces regards qui se posaient sur moi et qui me posaient tant de questions. Toute la journée je fus à nouveau malade et dès le début de l’après-midi, j’allai à l’infirmerie. J’expliquai mes problèmes de santé à l’infirmière et elle supposa très rapidement que j’étais enceinte. Pour ne pas prolonger ses doutes, je lui affirmai que je n’avais jamais eu de relations sexuelles. Elle me garda toute l’après-midi dans l’infirmerie puis, lorsque quatre heure sonna, je rentrai chez moi. J’étais inquiétée par les suppositions de l’infirmière car je savais que, tous les rapports que j’avais eu avec Jean-Marc, fut sans protection et, après avoir goûtée, je pris mon vélo afin d’aller acheter un test de grossesse. J’hésitai à le faire mais, le soir même, je l’effectuai. Au bout de quelques minutes, le test était formel, j’étais enceinte. J’étais paniquée et la seule solution que je trouvai fut de tuer le bébé qui était en moi. J’eus énormément de peine à prendre cette décision car je rêvais déjà depuis toute petite d’avoir un enfant et de plus il serait de l’homme que j’aimais mais je savais que j’étais beaucoup trop jeune pour l’éduquer. Je me frappai le ventre de toutes mes forces durant une demie heure avec mes poings mais rien ne se passa. Désespérée et à bout de forces, j’optai pour la seule idée qui me restait. Je courus vers mon bureau à toute vitesse et me le pris dans le ventre de plein fouet. Le choc fut immense et une violente douleur me traversa le ventre puis le dos. Cela me cloua au sol pendant plusieurs dizaines de secondes puis plus rien. La douleur avait disparue et rien ne se passait de plus. J’allais me coucher, stressée et je ne m’endormis qu’au bout de deux heures.

    En plein milieu de la nuit, je me réveillais, prise d’une douleur insupportable dans le bas du ventre. Je courus aux toilettes et m’y assis dessus. Après quelques minutes la douleur était passée. Je me levai et m’apprêtai à tirer la chasse d’eau lorsque que je m’arrêtais, intriguée. Il y avait dans les toilettes une substance visqueuse et rouge foncée. Je compris que c’était l’embryon qui se trouvait à l’intérieur de mon corps et que j’avais réussi à tuer. Je me mis à pleurer, attristée et soulagée par cette découverte. Je tirai la chasse d’eau et retournai me coucher perturbée mais décidée à ne pas en parler.


Bisous a tous mes chouchous

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#62 2006-08-02 15:40:58

la_dodie
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Re : Lorsque le coeur est touché

et voila le chapitre certainement le plus long!!!!



Chapitre 20

Le temps passait très vite et nous étions déjà le douze mai. La femme qui était avec Jean-Marc s’appelait Christina. Elle avait une fille se prénommant Sophie, brune aux yeux verts, un peu ronde mais d’une grande qualité humaine. Christina et Sophie vivaient chez Jean-Marc depuis déjà un mois et je me liai d’une fausse amitié avec Sophie ce qui me permettais d’aller chez Jean-Marc tous les jours. Les enfants de Jean-Marc les détestaient toutes les deux car ils avaient compris autant que moi que Christina l’aimait que pour son argent. Depuis que tout trois vivaient ensemble, je ne passais que très peu de temps avec lui. Je le trouvais seul que lorsque Christina allait faire les courses. Il ne me disait plus de « je t’aime » ou d’autres mots encore de tendresse. Notre relation était presque devenue purement sexuelle. Mais moi je l’aimais autant qu’avant et de le voir aussi proche de Christina me fendait le cœur. Chaque fois qu’elle me parlait, je lui répondais gentiment mais j’avais envie de la tuer. Cela faisait un an et neuf mois que Jean-Marc et moi étions ensemble et nous étions heureux jusqu'à ce qu’elle arrive. Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de ma mère. Jean-Marc et Christina étaient invités, ce qui me peinait le cœur. Les voir ensemble s’embrasser à longueur de journée me dégoûtait. Sophie et moi passâmes la soirée enfermée dans ma chambre, loin des adultes et surtout de l’homme que j’aimais et la femme que je détestais. Nous retournâmes seulement dans le salon lorsque ma mère eut servi le gâteau et que nous lui remîmes ses cadeaux d’anniversaire. Tous les invités repartirent vers 1h30 du matin. Je fis un énorme câlin à ma mère, j’embrassai mon père puis partie me coucher, attristée par l’amour que je ressentais entre Jean-Marc et Christina. Tout mon dimanche, je le passai allongée dans mon lit, me réconfortant en serrant mon chat dans mes bras qui léchait délicatement mes larmes roulant le long de mes joues pour finir sa course dans le creux de ma bouche. A plusieurs reprises, j’allai en courant dans les toilettes, vomissant tout ce que mon estomac contenait. Ma mère appela le médecin le lundi suivant qui diagnostiqua que j’avais un rhum et surtout que j’étais fatiguée et stressée. Je donnai comme excuse que c’était à cause du collège que j’étais comme cela et je fus mise en repos jusqu’au jeudi. Le vendredi, j’allais au collège, démoralisée par ma semaine. Lorsque je descendis du car, après mes cours, Christina était devant la maison à arracher des mauvaises herbes. Je lui fis un sourire et elle m’invita à boire un thé. J’acceptai. Nous parlâmes de tous et de rien puis elle aborda un sujet très déplaisant pour moi :
-Lola, il faut que je te dise…Jean-Marc et moi allons revendre la maison pour reconstruire notre vie et nous marier.
Je faillis m’étouffer à cette annonce et mon visage devint livide.
    -Vous allez vous marier ?
    -Oui
J’étais remplie de rage mais je prenais sur moi et lui dit, souriante :
    -Je suis très heureuse pour toi mais vous aller vivre où ?
    -A Vertou
Je fus prise d’une envie de tout casser dans la maison et je choisis donc de rentrer chez moi. J’y rentrais, effondrée, en donnant à nouveau à ma mère pour excuse que c’était dû au collège. J’attendis 20h00 puis j’appelai chez Jean-Marc. Je tombai du premier coup sur lui et lui demanda froidement si il pouvait me rejoindre devant chez moi, c’était urgent. J’eus du mal à le convaincre mais il y vint prétextant d’aller chez un des voisins. Lorsqu’il arriva, il s’approcha de moi pour m’embrasser mais je le repoussais. Il me dit alors :
    -Que t’arrive t-il ?
    -Tu vas te marier ?
    -Mais non. Que racontes tu là ?
    -Christina me l’a dit.
    -Elle le veut mais moi non. Elle fabule. Ne t’inquiète pas.
    -Tu es sûr ?
    -Oui.
    -Juré ?
    -Oui, juré. Tu crois que je vendrai ma maison avec tous les travaux que j’y ai fait ?
    -J’en sais rien. Je veux bien te croire. Alors embrasse moi.
Il m’embrassa rapidement puis ajoutai :
    -Bon j’y vais sinon elle va s’inquiéter.
    -Dit à Sophie de venir me voir demain
    -Il y a mes parents et les parents de Christina qui viennent demain, elle n’aura pas vraiment le temps
    -Elle ne restera pas longtemps
    -Ok
    -Je l’attendrai. Je t’aime
    -Je sais
Il partit et je le regardais s’éloigner, anxieuse et doutant de ses paroles.

    Le lendemain, nous étions le samedi 19 mai, le jour ou ma vie bascula. Je me levai à 13h30 et, comme depuis déjà deux semaines, de mauvaise humeur. Mes parents étaient déjà là et je m’installais à table. Mon père lisait le journal et ma mère servait le repas. Au bout de quelques minutes, mon père engagea la discution :
    -Cette après-midi, vers 16h00 nous allons chez ta tante, veut tu venir ?
    -Non je n’ai pas vraiment envie.
Un silence interminable était présent puis il ajouta, surpris :
    -Tu as vu le journal, il y a la maison de Jean-Marc à vendre. Tu le savais ?
Il me regardait surpris et je lui répondis perturbée :
    -Bien sûr que non sinon je vous en aurais parlé. Tu es sûr que c’est sa maison ?
    -Certain
Il me passa le journal et je constatai de moi-même. Mon cœur s’emballa et je sortis de table, tremblante de chagrin. Je pris mon téléphone portable et j’essayai de l’appeler mais il ne répondait pas. Je me mis alors à écrire une lettre s’adressant à lui. Je ne voyais pas le temps passer et lorsque mon père vint me voir dans ma chambre, c’était pour m’annoncer qu’il partait avec ma mère chez ma tante. J’étais soulagée de me retrouver seule et d’être libre de faire ce que je voulais. Au moment où je m’apprêtai à aller chez Jean-Marc pour avoir de plus grandes explications, quelqu’un frappa à ma porte. J’allais ouvrir et reconnu Sophie. Je la fis entrer et nous nous mîmes à parler. Après quelques minutes, j’eus une idée, je montais dans ma chambre puis redescendit avec la lettre que j’avais écrit pour Jean-Marc. Je la confiais à Sophie en lui faisant promettre qu’elle lui remettrait en main propre. Je lui prêtais aussi le téléphone portable de mon père afin qu’elle me prévienne de sa réaction. Elle partit et je m’asseyais dans mon fauteuil, soulagée mais stressée. Un moment plus tard, on frappa à nouveau à la porte. C’était Sophie. Elle m’annonça :
    -Jean-Marc m’as dit clairement « elle va pas commencer à me gâcher ma journée celle la ! ». Voila.
Lorsque Sophie m’annonça ce que Jean-Marc avait dit sur moi, j’eus comme un vertige. Je fus choquée par cette révélation et m’assis violemment dans mon canapé. Après un court instant, je pris mon sac, montais sur mon vélo et partis à toute allure laissant Sophie seule dans ma maison. J’avais belle et bien l’intention de mourir écrasée sous une voiture. Mon téléphone sonna et je m’arrêtais afin de décrocher :
    -Lola, c’est Sophie. Où est tu ?
    -Tu diras à mes parents que je les aime et qu’ils ne sont en rien pour ça. Ils m’ont très bien éduquée
Je pleurais toutes les larmes de mon corps, effondrée par cette annonce. Je ne concevais pas ma vie sans lui et ne voyais plus d’issue. Je me remis à pédaler. Sophie me demanda :
    -Mais que racontes tu ?
    -Je vais mourir c’est tout.
Au moment où j’eus dit cela, je me mis à pédaler plus rapidement et arrivai très vite sur la trois voie. Je ne voyais rien, les yeux remplis de larmes. J’étais confuse entre la haine et l’amour. Sophie pleurais et lorsqu’elle eut dit mon prénom un crissement de pneu se fit entendre. Une voiture m’évita et me klaxonna. Elle freina puis une voiture arriva derrière elle et freina à son tour, évitant l’arrière de celle-ci. Je fus à la limite de provoquer un accident. Je m’arrêtai, insultant le conducteur de m’avoir raté. Je voulais tellement mourir que j’étais capable de tout. Sophie criait dans le téléphone et je la rassurais alors :
    -Il m’a raté
Elle poussa un soupire puis ajouta :
    -Rentre chez toi, j’arrive
J’obéissais et lorsque j’arrivais chez moi, elle m’attendait mais je n’avais pas changé d’avis. Je courus directement dans ma cuisine, pris un gros couteau à viande et le posai sur mon poignet. Je lui interdisais de s’approcher de moi sous risque de me couper les veines. J’avais trop mal au cœur pour réagir à ce qu’elle me hurlait. Je me souviens à ce moment là que quelqu’un m’avais dit que, lorsque l’on se coupe les veines, il faut mettre son bras dans de l’eau chaude pour diminuer la douleur. Je me dirigeai alors en direction de la salle de bain, je fermai la porte à clé et remplissai le lavabo d’eau chaude. Je me mis le bras dans l’eau, y posa le couteau et m’apprêtai à exécuter mes idées lorsque le visage de ma mère, pleurant à chaudes larmes, apparut devant moi. Je me mis à pleurer de plus belle mais m’entailla légèrement les deux poignets à plusieurs reprises. La douleur était trop difficile pour pouvoir continuer et à me couper plus profondément. De plus, le visage de ma mère me hantait donc j’optai alors pour une autre solution, moins douloureuse. Je sortis de la salle de bain et découvris derrière la porte Sophie qui pleurait. Je ne saignais que légèrement au niveau de mes poignets mais elle paraissait paniquée. Je me dirigeai alors dans l’armoire de la maison, y pris les médicaments que ma mère prenait pour se ralentir le cœur en cas de crise car elle faisait de la tachycardie et je les posai sur la table. Je pris deux grands verres à bière, ouvris le bar et y prit toutes les bouteilles d’alcool fort. Je versai tous les alcools dans les deux verres jusqu'à ras bord, y ajoutai une plaquette de ces fameux médicaments extrêmement puissant et mélangeai vivement. Je me retournais et vis Sophie, déprimée par mes actes mais ne réagissant pas. Je bus les deux immense verres puis m’asseyais par terre. Nous restâmes dans cette position durant dix bonnes minutes où, durant ce temps, je sentais mon corps petit à petit réagir à l’effet de mon mélange. Au moment où je rassemblais toutes mes forces afin de me relever, mes muscles devinrent impuissants et toute ma masse s’écrasa au sol. Je pus, à ce moment là, observer les traces de mon sang sur le sol. Sophie se mit alors à hurler et à me demander pourquoi je faisais ça. Je lui répondit en hurlant et en pleurant à mon tour :
    -Mais tu ne comprends pas que ça fait plus d’un an et demi que je sors avec Jean- Marc et que je l’aime ? Mais depuis que ta p…… de mère est là tout va mal. Je la hais, tu comprends, JE LA HAIS. Je ne suis plus que la maîtresse de Jean-Marc maintenant. Et oui, ça te fais mal j’espère de savoir que ta mère est cocue et avec une fille de presque trente ans de moins qu’elle. Elle a tout gâchée et en plus elle ne pense qu’au fric de Jean-Marc. C’est une garce tu m’entends ? Une garce.
Elle partie en courant, tremblante par ses sanglots. J’avais peut-être été un peu dure avec elle mais je m’en moquais, je l’aimais. Je me levai et ferma la porte à clé.
Je partis pour me rasseoir lorsque j’entendis tambouriner à la porte. Je regardais par la fenêtre et vue Jean-Marc accompagné de plusieurs personnes qui se dirigeait derrière ma maison. Je voyais très mal et ne marchais pas droit mais je réalisai que la porte derrière n’étais pas fermé. J’ouvris la porte d’entrée et partis en courant le plus vite possible mais je m’écroulai dans l’herbe au bout de quelques mètres. Jean-Marc arriva au bout de quelques minutes à toute vitesse lorsqu’il m’aperçut. Il m’attrapa par le bras et me secoua violemment :
    -Mais pourquoi fais-tu cela ? Tu es folle ?
    -Je t’aime Jean-Marc, je t’aime. Comment peux-tu choisir cette blondasse à ma place ? Tu m’as trahie
    -Arrête d’halluciner Lola. Je ne t’ai jamais trahie car je ne t’ai jamais aimée et il ne s’est jamais rien passé entre nous. Tu t’inventes des scénarios là
A cette déclaration mon cœur se brisa en mille morceaux. Je compris que des personnes nous écoutaient et qu’il me ferait passer pour folle. J’allais rajouter quelque chose lorsqu’une femme me coupa la parole et hurla :
    -Je vais appeler les pompiers
Jean-Marc me prit dans ses bras et m’emmena sur son canapé. Durant le trajet de ma maison à la sienne, je vis une larme couler sur son visage. Je lui demandai en chuchotant :
    -Pourquoi cette petite larme, lueur d’espoir sur ta joue, dans ce monde rempli d’armes ou la vie ne vaut pas un clou ?
    -Lola. Tu le sais que je t’aime et si aujourd’hui tu meurs, jamais je ne m’en remettrais. Tu as envahi mon cœur
    -Lorsque le cœur est touché et qu’il se brise en mille morceaux, comme sur un vase tu peux les recoller, mais il y aura toujours des fissures. Même après des années, tu les voies toujours ces fissures et le jour ou le vase retombe à terre, plus jamais tu ne pourras le recoller. Lorsque le cœur est touché…
Ces quelques mots furent les dernières avant notre arrivée dans son salon et lorsque nous y arrivâmes, son visage se durcit, ne laissant plus paraître la moindre émotion. Jean-Marc me déposa sauvagement sur le canapé. Christina était là, silencieuse accompagnée de Sophie qui pleurait dans ses bras. Savait-elle ce que j’avais dit à Sophie ? Je ne pense pas où, sinon, elle ne me croyait pas car elle n’avait aucune rancœur dans son regard contre Jean-Marc. Il y avait dans le salon une vingtaine de personnes, tous de la famille, qui me regardaient pleurer et extérioriser toute la peine que je ressentais au fond de moi. Je me sentais mal et je parlais en puisant le peu de force qui me restait. Les médicaments réagissaient très bien sur moi car je sentais mon cœur battre de plus en plus faiblement. Mes yeux se fermaient, petit à petit et de plus en plus souvent. Christina fit un signe au personnes se trouvent dans le salon et tous évacuèrent la salle. Nous nous retrouvâmes, telles deux rivales, l’une face à l’autre. Elle ne me disait rien, droite et fière comme une tour de cathédrale, me dévisageant du regard.  La colère était, à ce moment là,  la seule émotion que je pouvais lire au creux de son regard. Moi, j’avais envie de vomir et  je partais dans mes délires complètement fous  et dans mes hallucinations. J’avais une folle envie de rigoler et de pleurer en même temps. Lorsque je regardais Christina, je me mettais à rigoler et à lui promettre que je la tuerais mais je n’avais pas beaucoup de force et j’avais du mal à me maintenir assise. Notre échange de regard dura presque une minute puis Christina me demanda promptement :
    -Pourquoi fait-tu cela ?
    -C’est évident. J’aime Jean-Marc
    -Il ne t’aime pas et il ne s’est jamais rien passé entre vous. Ca te fait plaisir de détruire un couple par tes fabulations ?
J’étais sans voix par la façon dont m’avait parlé Christina et je réalisai alors que j’allais détruire une vie de famille et l’amour qui les unissaient juste parce que je l’aimais. J’avais honte mais je ne me tus pas car Christina m’avais vexée par la façon dont-elle m’avait parlé. Pour qui se prenait-elle ? Elle ne savait rien. Je lui répondis humblement :
    -Et toi tu ne crois pas que tu m’as détruite en t’interposant entre moi et Jean-Marc ?
    -Je ne sais pas ce qui s’est passé avant que j’arrive dans la vie de Jean-Marc et je m’en moque car, lui et moi, nous allons partir et nous allons ensuite nous marier.
Elle me regardais d’un air narquois et je voulus à ce moment là me lever afin de lui donner une bonne correction mais les forces me manqua et je glissai, m’écrasant au sol. Je me retrouvai sur le ventre, incapable de me relever car je ne pouvais plus me servir de mes jambes et de mes bras. Seule ma tête réagissait encore mais très difficilement. Mon pouls battait très lentement, mes muscles étaient très faibles et tout mon corps me faisait mal. Je voyais mal et flou comme si un voile s’était glissé devant mes yeux  et que je n’arrivais pas à l’enlever. Je hurlais de toutes mes forces et, devant ma telle impuissance, Christina rigola puis elle partit dans la pièce d’à côté. Je commençais à angoisser et à trembler de tous mes membres lorsque Sophie vint me relever et m’emmener dans le transat se trouvant dans le jardin. Au moment où je m’allongeais, j’entendis la sirène retentir dans le village. Jean-Marc accourut hors de son jardin pour leur indiquer qu’il s’agissait de cette maison. Je commençai à m’endormir et je ne souhaitais pas lutter à cette issue, que je ne voyais être que le mort. Sophie me secouait de temps en temps afin de m’éveiller. Trois pompiers arrivèrent en courant. Un des pompiers m’éclaira les yeux pendant qu’un autre  me mit un brassard afin de calculer mon rythme cardiaque. Le dernier demandait des détails sur ce qui m’étais arrivé. Jean-Marc et le pompier partir ensuite vers ma maison. Pendant ce temps là, le pompier qui m’avait calculé mon rythme cardiaque informa son collègue :
     -Elle est à quarante deux pulsations, il ne va pas falloir trop traîner
Le pompier qui était partie chez moi revint à ce moment catastrophé :
    -Elle a pris des bêtabloquants. Je suppose une plaquette entière. Elle est a combien ?
    -Quarante deux
    -Reprend lui en urgence
Pendant que le pompier reprenait mon rythme cardiaque, l’autre m’interpella :
    -Combien en a tu pris ?
    -Une plaquette
    -Et pourquoi y avait-il des bouteilles d’alcool étalées sur tout le sol de ta maison?
    -Car j’ai pris les médicaments avec
    -C’est pas possible
Il se retourna auprès de Jean-Marc et lui chuchota :
    -Je ne sais pas comment elle tient encore éveillée
Il demanda ensuite à son collègue :
    -Alors ?
    -…Trente huit. Et je crains que ça descende de plus en plus vite. Où sont ses parents ?
Lorsqu’il termina sa phrase j’entendis un bruit de moteur arriver. J’aperçus mes parents derrière la haie et me mis à hurler. Je réunissais mes dernières forces et me leva, prête à partir le plus vite possible, craignant la réaction de mes parents. Les trois pompiers m’attrapèrent alors et je m’écrasai au sol après quelques mètres de résistance. Mes parents arrivèrent et mon père me jeta un regard glacial, prouvant son mécontentement. Je me mis à nouveau à pleurer et un pompier me saisissait afin de m’emmener dans la camionnette. Ma mère pleurait énormément ce qui me brisa le cœur. 
    Nous montâmes dans la camionnette puis la sirène se fit entendre à nouveau. A l’intérieur, un pompier me fit une prise de sang puis il me prenait régulièrement mon rythme cardiaque. Nous roulions très vite et il faisait une chaleur étouffante. Il m’affirma à un moment :
    -Tu es très forte pour ne pas être inconsciente, bravo.
Mon pouls diminuait très rapidement et je me sentais de plus en plus mal. Durant le trajet, il me fit souffler dans un appareil qui me dévoila que j’étais environ à un gramme huit d’alcool dans le sang, ce qui était énorme. Lorsque nous arrivâmes, mon pouls était environ à vingt neuf pulsations. Je perdais de temps en temps connaissance mais le pompier me tapotait la main afin de m’éveiller.


Bisous a tous mes chouchous

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#63 2006-08-02 16:02:28

coralie1812
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Re : Lorsque le coeur est touché

waouh le suspence! g envie de lire la suite smile


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#64 2006-08-02 16:28:34

virginie68
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Re : Lorsque le coeur est touché

encore encore mdrrrrr

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#65 2006-08-02 23:17:13

rubis2
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Re : Lorsque le coeur est touché

waoo !

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#66 2006-08-02 23:49:21

juliedu72
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Re : Lorsque le coeur est touché

Wah je suis au chapitre 10, je lirais la suite demain ! Je peux te dire que ct'es trop forte ! Il est trop bien ton livre big_smile Bravo !


Clin d'oeil wink a Cécilé, kooki, dome25, Douce, bob2, mimidolly, bibi  et tous les  les insomniaques, je vous adore !!! big_smile
Ma ratoune Kallys je t'AIME avec un grand A !!!

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#67 2006-08-03 00:25:41

HarleyQueen
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Re : Lorsque le coeur est touché

très émouvant ,bien tourné et construit intelligeament bravo la_dodie wink



Pas besoin de liste big_smile
Elle devient trop longue lol

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#68 2006-08-03 17:04:43

mimidolly
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Re : Lorsque le coeur est touché

J'ai hâte de lire la suite!

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#69 2006-08-03 17:12:13

coralie1812
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Re : Lorsque le coeur est touché

vi moi aussi ^^
j'aurais pas du lire si vite tongue


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#70 2006-08-03 17:15:25

mimidolly
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Re : Lorsque le coeur est touché

lol
C'est vrai que ça se lit d'une traite!

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#71 2006-08-03 17:27:47

virginie68
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Re : Lorsque le coeur est touché

oui clair !

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#72 2006-08-04 14:15:55

rubis2
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Re : Lorsque le coeur est touché

mimidolly a écrit :

J'ai hâte de lire la suite!

oui tu as raison !!

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#73 2006-08-05 09:28:51

la_dodie
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Re : Lorsque le coeur est touché

Chapitre 21

    Les pompiers ouvrirent la porte, puis beaucoup de personnes s’agitèrent autour de moi. On m’emmena, sur un brancard, dans une petite salle. A ce moment précis, je me croyais dans un film car tout y était similaire mais c’était bel et bien la réalité. Comment en étais-je arrivée là ? Au point d’essayer de me tuer pour pouvoir hurler au monde entier ma souffrance. On m’allongea sur le lit puis une femme me fit un pansement rapide autour de mon poignet. Ensuite, elle me fit une perfusion puis un homme vint me voir pour m’expliquer la situation :
    -Mademoiselle, votre estomac est trop rétracté pour que l’on vous fasse un lavage d’estomac par aspiration et, de plus, vous êtes trop jeune. Donc il ne me reste plus qu’une seule solution : il va falloir que vous buviez un litre et demie de charbon mélangé avec de l’eau. Ce mélange absorbera les toxines que vous avez avalées et qui se trouve dans votre corps. Ce sera un moment difficile à passer mais, ensuite, ça ira mieux.
A cette annonce, je fis une tête dégoûtée. Il ajouta :
    -Ce n’est pas très bon, je sais. Mais c’est la seule solution et c’est pour votre bien. Allez.
Il m’aida à me relever et je m’assis contre l’oreiller. Mes parents arrivèrent à ce moment là, accompagnées de mon frère aîné, Philippe. Mon père paraissait confus, ma mère catastrophée et mon frère abattu. Ce dernier avait les yeux gonflés par les larmes qu’il avait déversé. Je lui fit un léger sourire forcé puis je bus le premier verre de charbon liquéfié. Ce mélange noir était très grumeleux et pâteux et il avait un goût qui me donnait envie de vomir. Après avoir bus le verre, l’infirmière m’amena un miroir ou elle me demanda de sourire et de me regarder en même temps. Je le fis et pus m’apercevoir que toutes mes dents étaient noires comme les ténèbres. Cela me fis rigoler durant plusieurs minutes. Ma crise de rire était accentuée par les effets des médicaments et de l’alcool et je ne pouvais m’empêchée de rire. Cela me fis oublier quelques instants l’horreur du goût et de la sensation que me faisait ce mélange dans ma bouche. Lorsque je rigolais, ma mère se remettait à pleurer car elle savait que je n’étais pas dans mon état naturel. Elle savait la gravité de mon état car, tous les deux, travaillaient dans le milieu hospitalier. J’eus énormément de mal à boire le litre et demi mais lorsque ce fut fait, une infirmière vint me faire une prise de sang. Elle me fit un garrot puis me planta une aiguille dans la main. Mon sang coulait tellement lentement qu’elle en fut surprise. Elle n’en préleva que très peu puis une autre infirmière vint me chercher afin de m’emmener dans ma chambre. Elle m’aida à me lever puis, au passage, j’embrassai mes parents puis mon frère avant de sortir. Lorsque je quitta la salle, j’entendis ma mère pousser un léger cri de détresse puis éclater en sanglots. Je voulus aller la voir mais l’infirmière m’attrapa par le bras, signe que je ne devais pas faire cela. C’était une femme d’une quarantaine d’années, très ronde, avec des cheveux bruns très court et très gras. Elle avait une odeur nauséabonde et ses chaussures faisaient énormément de bruit sur le sol de l’hôpital, tel un cheval en pleine rue. Elle m’attirait vers elle lorsque je n’avançais pas assez vite en m’étreignant le bras avec une force égale à un homme. Lorsque je fus arrivée dans ma chambre, j’aperçue une jeune fille qui dormait à côté de mon futur lit. Je regardais l’heure, surprise, et je m’aperçus qu’il était environ 22h30. Je me dirigeai vers mon lit discrètement afin de ne pas réveiller ma voisine de chambre mais je tombai sur la tablette se trouvant au dessus de mon lit. La carafe qui y était posée tomba alors sur mon lit, mouillant toute la literie. Je fus prise d’une crise de fou rire et je réveilla par la même occasion ma voisine de chambre. L’infirmière m’attrapa par le bras en m’injuriant et en m’obligeant à tout nettoyer et à changer mes draps. Je prit mon courage à deux mains, effectuai mes tâches avec peine puis je m’installai dans mon lit à moitié fait. Ma voisine m’interpella :
    -Salut. Comment se fait t-il que tu soit là ? Que t’arrive t-il ?
    -Une longue histoire et toi ?
    -Une grave maladie. Je suis là depuis déjà sept ans. Je m’appelle Marie et toi ?
    -Lola. Mais quel âge as-tu ?
    -Quatorze et toi ?
    -Pareil.
Je fus étonnée par cette jeune fille qui était là depuis déjà sept ans et qui ne paraissait avoir que huit ou neuf ans. Nous discutâmes durant quelques minutes puis je m’endormis. Ma nuit fut très agitée et j’avais à dormis en tout trois ou quatre heures.

    Le lendemain, une infirmière arrivait à 7h30 pour m’amener mon petit déjeuner. Je n’avais pas un grand appétit et ne mangeai qu’une tartine. Après mon repas, Marie et moi partîmes dans la salle d’activité ce trouvant dans le service ou nous nous trouvions, la pédiatrie. Nous apprîmes à concevoir différents animaux en perles et des bracelets brésiliens. Chaque après-midi, ma mère venait me voir pour savoir comment se déroulaient mes matinées. Elle paraissait très inquiète de mon état et me pouponnait lorsqu’elle venait me voir.

Trois jours plus tard, un matin, trois médecins accompagnés d’une psychologue entrèrent dans ma chambre. Marie et moi discutions sur mon lit et il lui demanda de sortir de la chambre. J’étais seule face à eux. Ils étaient intimidants et je me sentais mal à l’aise. Ils commencèrent à me poser des questions sur mon état psychologique et sur ma tentative de suicide. Un des médecins fit voir mes résultats sanguins aux autres, qui prirent un air surpris, puis il leur fit voir mes poignets. Ils se mirent ensuite à discuter entre eux puis ils partirent tous sauf la psychologue. Elle s’installa sur mon lit puis se mit à me parler. Elle me posa des questions sur les raisons de mon acte mais je ne lui répondais pas à ses questions car je ne voulais pas en parler. Elle partit quelques minutes plus tard en insistant pour que je vienne la voir le lendemain. Marie rentra dans la chambre et nous reprîmes nos activités. Malgré que ce soit un hôpital, l’ambiance y était bonne et nous rigolions bien tous ensemble. Dans la chambre d’à coté, il y avait deux garçons et ils venaient nous voir tous les jours. A nous quatre, nous faisions rigoler tout le monde et, quelques fois, nous allions distraire les plus petits. J’essayais de rigoler le plus souvent que possible mais j’avais mal et je souffrais de ce qui m’était arrivé. Chaque soir, dans mon lit, je ne pouvais pas dormir et je pleurais. Je regrettais déjà d’avoir essayé de me tuer et d’avoir autant peiné le cœur des personnes qui m’aimaient et qui m’entouraient. Je ne soupçonnais même pas un instant qu’ils m’aimaient autant. Ma mère vint me voir dans l’après-midi et je lui racontais que la psychologue était venue me voir. Elle m’expliqua, après que je lui ai rapporté les questions qu’elle m’avait posées, que si je souhaitais sortir rapidement il fallait que je lui fasse voir que ça allait et que je ne recommencerais plus. Le lendemain, j’allais chez la psychologue vers onze heures en lui expliquant que j’allais mieux, que je ne recommencerais plus et que j’étais capable de retourner chez moi. Deux jours plus tard, j’avais l’autorisation de rentrer chez moi avec des rendez-vous toutes les deux semaines chez la psychologue.


Bisous a tous mes chouchous

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#74 2006-08-05 09:30:25

la_dodie
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Re : Lorsque le coeur est touché

Chapitre 22

    De retour à la maison, tout était différent. Mes parents prenaient beaucoup plus soin de moi et ne me laissaient jamais seule. La première chose que je fis, fut d’aller dans ma chambre. Lorsque j’y entrai, je m’aperçus que quelque chose avait changé. Je ne mis que peut de temps à réaliser que c’était Jasmine, mon chat, qui était absente. Je descendais l’escalier à toute allure et arrivai dans le salon essoufflée :
    -Où est Jasmine ?
Ma mère pris un air mal à l’aise puis me répondit :
    -Je n’en sais rien. On ne l’a pas vue depuis trois jours.
    -Comment ça « vous ne l’avez pas vue depuis trois jours » ?
    -Et bien il y a trois jours, elle est sortie dehors et, le soir, lorsque j’ai voulu la faire rentrer et que je l’ai appelé, elle n’est pas venue. Depuis, on ne l’a pas revue.
    -Et vous n’avez pas été la chercher ?
    -Si bien sûr mais on ne l’a pas trouvée.
Un petit nœud se forma à l’intérieur de mon corps lorsque j’entendais ces mots. Je pris mon manteau, montai sur mon vélo et me mis à pédaler dans mon village. Je la cherchais partout. Ensuite, je me dirigeai sur la trois voies. Je pédalais en l’appelant et en regardant dans les fossés, les buissons et dans l’herbe afin la trouver. J’arrivai à la route qui me ramenait dans mon village et m’apprêtai à rentrer chez moi bredouille lorsque j’aperçus un animal à poils allongé dans l’herbe. Je m’arrêtai, priant que ce ne soit pas elle. Je m’approchais lentement et réalisa en très peu de temps que c’était elle. Je me mis à pleurer et à hurler toute la colère que je ressentais. J’en voulais au monde entier. Pourquoi elle ? Comment allais-je faire pour vivre sans elle ? C’était comme ma fille, ma moitié. Je l’aimais tant. Lorsque je pleurais elle me réconfortait, lorsque je rentrais de vacances elle me faisait la fête, lorsque j’étais heureuse elle était heureuse, lorsque j’avais froid elle me réchauffait, le matin elle me réveillait. Comment ferais-je ? C’était un peu comme ma meilleure amie. Jamais elle ne répétait ce que je lui disais car elle ne le pouvait mais toujours elle m’écoutait. Je me levai, dépassée par les événements et par mes sentiments. Je pleurais et hurlais comme si je venais de perdre la personne la plus chère qui m’entourait. Ma vue se mit à devenir floue puis je vis autour de moi que tout tournait. Je m’assis à nouveau à ses cotés, la caressant. J’étais inconsolable. Elle avait le corps complètement raidit et froid. Cela me faisait tellement mal de la voir dans cet état. Si la personne qui lui avait enlevé la vie se présentait à moi, je l’aurais tuée sur place. Je pris Jasmine, ensanglantée, dans mes bras puis me mit à marcher en titubant. Mes yeux étaient gonflés et je tremblais de tout mon corps. J’arrivais chez moi, désespérée et désemparée. Je la posai sur le sol, m’agenouillai à ses côtés et me mis à pleurer de plus bel. Ma mère vint à mes côtés, me prit dans ses bras et se mit à pleurer avec moi. Je regardais Jasmine, espérant qu’elle se réveille, ce qu’elle ne fit pas. Je ne pouvais pas concevoir qu’elle s’en aille. J’avais passé presque toute ma vie avec elle. Ca faisait sept ans que je l’avais avec moi. Comment serait-il possible de rentrer chez moi le soir sans la voir sur mon lit à m’attendre gentiment ? Comment vais-je faire lorsque je pleurerais si elle n’est plus là pour sécher mes larmes ? Toutes les images et les souvenirs me revinrent à la mémoire comme un album photos. Je l’observais et m’aperçus qu’elle n’avait plus son collier. Je ne pouvais l’enterrer sans. Je partis alors en courant sans prévenir mes parents vers la trois voies. J’arrivai où je l’avais trouvée, fouillai l’herbe et retrouvai son collier peu de temps après. Je m’apprêtais à partir lorsque j’entendis un petit son qui m’interpella. Je m’arrêtais, m’approchais du lieu d’où provenait le son puis reconnus qu’il s’agissait d’un miaulement. Je fouillai le sol et trouvai un petit chaton sans vie. Puis un autre, et encore un…
Je trouvai trois chatons morts et un vivant mais très faible. C’était une femelle car elle avait un pelage de trois couleurs différentes et magnifiques. Je la mis dans mon pull, repris mon vélo que j’avais oublié et rentrai chez moi. Lorsque j’arrivai chez moi, je montai directement dans ma chambre, mis le chaton sous ma couette afin qu’il ait bien chaud et redescendis pour mettre le collier à mon chat et lui faire un enterrement digne de son nom. Mon chagrin fut immense durant deux bonnes semaines. Ma mère avait accepté de garder le chaton et avait même été acheter un biberon adapté afin de le nourrir. Elle était tellement petite que nous décidâmes de l’appeler « p’tit bout ». Le premier jour, elle ne voulait pas boire au biberon et elle eut énormément de mal à s’y habituer mais deux jours plus tard, elle était plus calme et s’alimentait plus facilement. Moi, je me sentais comme folle ou comme un lion en cage. Le soir même ; je me suis retrouvée dans un coin de ma chambre en train de taper dans les murs et de pleurer. J’injuriais tout le monde et me balançais d’avant en arrière ce qui me berçais et qui me calmait. J’avais détruit ma famille, je m’étais détruite moi-même et j’en avais conscience.


Bisous a tous mes chouchous

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#75 2006-08-08 10:32:52

mimidolly
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Re : Lorsque le coeur est touché

Oh là là quel suspense! smile

Je te souhaite de bonnes vacances mélo, j'ai hâte de lire la suite!

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#76 2006-08-09 11:49:02

la_dodie
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Re : Lorsque le coeur est touché

Chapitre 23

    Le lundi suivant, je retournai à l’école, à reculons. Les cours se passèrent comme d’habitude jusqu'à ce que j’eusse la visite de mon professeur principal à la fin du cours de midi. Il entra dans la salle de cours en demandant au professeur d’en sortir et en me demandant d’y rester. Il s’installa à un bureau en me priant de bien vouloir m’asseoir en face de lui. Il marqua un temps d’arrêt puis me demanda :
    -Lola. Cela fait environ une semaine que tu n’es pas venue en cours et tes parents non pas vraiment voulu justifier ton absence. Tu reviens avec une mine déplorable. Que se passe t-il ?
    -Rien
    -Je m’inquiète pour toi et j’aimerais bien avoir des réponses à mes questions. Répond moi. Tes parents te font du mal ?
    -Non, bien sûr que non
    -Tes frères ?
    -Non, personne
    -Tes grands-parents ? Vous avez des problèmes financiers ?...
Il commençait à m’énerver et j’étais de plus en plus irritable.
    -Tu as séché les cours ? Il se passe quelque chose de grave ? Je sais pas moi…Dis moi ce qui ne va pas. Je m’inquiète. Tu comprends ?
Trop c’était trop. Je me levai et commençai à lui crier dessus :
    -J’étais à l’hôpital !!! C’est bon votre curiosité est satisfaite ? Non, je présume. Alors regardez bien cela (je lui fis voir mes poignets). Vous savez ce que c’est ça ? Je suppose que oui. Et vous savez pourquoi ? Parce que l’homme que j’aime m’a trahie et que j’ai le cœur en miettes. C’est bon, vous êtes heureux de ma souffrance ou vous voulez en savoir plus ?
Il me regardait d’un air un peu idiot puis ajouta :
    -Mais c’est quoi cette histoire d’amour ? Une amourette d’adolescent je présume non ? Tu n’as que quinze ans et lui quelle âge avait t-il ? Dix-sept, dix-huit ? Vous étiez trop jeune c’est tout. Il ne faut pas en faire un drame
    -Quarante et un.
    -Quoi quarante et un ?
    -Son âge… c’est quarante et un ans.
    -Quoi ! Mais tu est folle ou quoi ?
    -Non, amoureuse.
Je pris mes affaires et partis afin de manger. Bénédicte m’attendait. Elle ne savait rien. D’ailleurs, personne ne le savait à part mes parents, mes frères et mon professeur principal. J’espérais juste qu’il n’aille pas le répéter à n’importe qui et surtout pas à mon professeur de sport, monsieur Leponey, car il était son meilleur ami. Bénédicte et moi allâmes manger puis nous retournâmes dans la cours. Je lui interprétai une ou deux chansons puis nous allâmes en sport. Pendant le cours, la classe fut divisée en deux : une partie en endurance avec monsieur Demois, un autre professeur de sport, et l’autre partie avec monsieur Leponey en tennis de table. Je voulus aller en endurance car j’appréciais énormément monsieur Demois et que je le trouvais charmant mais je fus contrainte d’aller en tennis de table car j’avais, selon monsieur Leponey, de grandes capacités. Je fus un peu déçue mais bon, j’obéis. Dans notre groupe, nous étions huit élèves alors que dans l’autre ils étaient seize. Bénédicte, elle, avait la chance d’être en endurance et je me retrouvai donc seule. Le cours commença normalement et je me retrouvai à jouer avec un garçon un peu idiot de ma classe. Alors que je jouais tranquillement au tennis de table, monsieur Leponey passa derrière moi et me tapota sur les fesses. Surprise, je me retournai et il me fit un clin d’œil en mettant son doigt sur sa bouche, signe qu’il fallait que je me taise. Je me remis à jouer comme si de rien était. Je me doutais alors à ce moment là que mon professeur principal lui avait rapporté ce que je lui avais dit. J’enlevai mon pull, envahie par une bouffé de chaleur. Je le posai sur un banc puis me remis à jouer. J’aperçus quelques secondes plus tard monsieur Leponey passer derrière moi puis se diriger vers le banc où j’y avais déposé mon pull. Il le prit puis l’approcha de son visage. Il y fourra son nez et y respira mon odeur. Je fus perturbée par ce que je venais de voir mais je choisis de me taire car je ne voulais pas qu’on me critique. Je continuai donc à jouer comme si de rien n’était jusqu'à ce que celui-ci vienne me voir. Il me dit soudain :
    -Lola. Il faudrait que tu prennes de meilleures positions car, là, tu m’as l’air un peu instable sur tes jambes.
    -C'est-à-dire ?
    -Je vais te faire voir
Il me posa ses mains sur mes hanches puis me fit plier les jambes. Il avait son corps collé contre le mien et je sentais sa respiration dans mon cou. Durant son explication, il s’aperçut que la bretelle de mon débardeur était descendue. Il la remonta aimablement puis me tapota à nouveau sur les fesses. Je commençai à être très mal à l’aise de cette situation et je partis dans les vestiaires. A peine eus-je le temps de m’y installer que monsieur Leponey arriva derrière moi. Il me questionna :
    -Que t’arrive t-il ?
    -Je commence à en avoir marre de ce petit jeu.
    -Quelle jeu ?
    -Arrêtez de vous moquer de moi. Je vous vois.
    -Tu dois te faire des films Lola. Allez hop ! En cours.
Je fis la moue puis me dirigeai vers le salle de sport, agacée. Durant toute l’heure, je me demandais si je n’avais pas hallucinée et si je ne me faisais réellement pas des films. Je regrettais de lui avoir parlé comme ça et l’idée qu’il aille voir mon professeur principal afin de raconter ce qui s’était passé m’effrayait. Après les cours de l’après-midi, je rentrai chez moi, soulagée de cette fin de journée. Depuis que j’avais fais ma tentative de suicide, mon comportement avait énormément changé. J’étais beaucoup plus fragile, très nerveuse, morose, je demandais trop d’affection auprès des autres et je leur en donnais beaucoup trop en retour. Je passais mon temps à penser et je me mis à écrire alors que, par le passé, je détestais ça.

    La première chose que je fis lorsque je rentrai chez moi, fut de manger. Depuis que j’étais rentrée de l’hôpital, je ne faisais que ça. Manger devenait la seule chose que je pouvais faire. Je mangeais mon goûter à table lorsque ma mère vint me parler, inquiète :
    -Lola, que t’arrive t-il ?
    -Quoi ?
-Tu t’es vue ? Tu ne rentres presque plus dans tes pantalons. Tu passes ton temps à manger. Tu t’es pesée dernièrement ?
-Non, pas depuis deux semaines.
-Et bien vas-y
-Maintenant ?
-Oui maintenant. Allez
Je partis dans la salle de bain, obéissante ; me déshabillai et montai sur la balance. Je me mis à hurler lorsque je vis tous ces chiffres s’afficher :
    -Oh mon dieu
Ma mère arriva rapidement et me demanda :
    -Que t’arrive t-il ?
    -Ta balance est cassée ?
    -Ah bon et pourquoi ?
    -Parce qu’elle m’indique huit kilos de plus qu’il y a deux semaines. Ce n’est pas possible !
    -Si. Moi, je me suis pesée ce matin et il n’y avait aucun problème. Je veux que tu commences un régime. Dès ce soir tu vas allez courir. En plus, cela te fera du bien.
J’acquiesçai, bouleversée, puis montai dans ma chambre.

    Jusqu’aux vacances d’été, j’allais tous les soirs à vingt heures courir dans mon village une petite demi-heure puis je revenais, exténuée, chez moi. Chaque soir, je passais devant la maison de Jean-Marc avec un nœud dans le ventre de peur de l’apercevoir. Quelque fois, je l’apercevais au loin et je faisais donc demi-tour en attendant qu’il rentre chez lui.

    Un soir, alors que je courais tranquillement, Jean-Marc sortit de chez lui et m’interpella :
    -Lola
Je m’arrêtai brusquement mais je ne me retournai pas. Tout ce que je ne souhaitais pas allait arriver : lui parler. Je ne voulais pas le revoir car j’avais déjà énormément de mal à le chasser de mon esprit. Je savais que je l’aimais encore et que si il me le redemandait, je retournerais dans ses bras. Je lui répondis d’une voix tremblante mais ferme :
    -Quoi ?
    -Tu vas bien ?
Je me retournais vers lui sans lui répondre et croisai son regard. Il avait toujours dans son regard la petite flamme que j’aimais tant et sa façon de me regarder était toujours aussi enfantine et attendrissante. Lorsqu’il vit mon regard fatigué, il eut la réponse à sa question. Il était habillé d’un jean assez moulant et d’une chemise jaune de grande marque. Il savait que j’aimais lorsqu’il était habillé de cette façon. Il s’approcha lentement de moi puis vint m’embrasser délicatement sur la joue.
    -J’ai oublié de te dire bonjour.
Je lui fis un léger sourire gêné puis je baissai les yeux. Il n’était qu’à quelques mètres de moi et mon cœur battait à toute allure. La merveilleuse senteur de son parfum m’enivrait à nouveau et j’eus une folle envie de l’embrasser mais je m’écartai de lui de quelques mètres. Il était particulièrement beau ce jour là alors que moi, j’étais vêtue d’un débardeur blanc et d’un pantalon de sport bleu ciel, j’avais les joues en feu et le front luisant de sueur. Il me demanda après un éternel silence :
    -Ca te dirait de repasser à la maison demain ou après demain après-midi afin que l’on reparle de tout cela ?
    -Et bien…je ne sais pas… je ne pense pas que…
Il m’interrompit
    -Lola ?
    -Oui ?
    -Tu me manques. Viens je t’en conjure.
    -D’accord, je viendrai demain car après demain j’ai école. C’est bientôt les vacances mais je n’y suis pas encore.
Je partis en courant afin de rentrer chez moi. Des larmes roulaient sur mes joues pour finir sur le bitume. J’eus énormément de mal à m’endormir, me demandant ce qui allait se passer et si cette discussion me détruirait un peu plus encore ou m’aiderait dans mon combat quotidien.

    -Comme prévu, le lendemain après-midi, je me rendis chez Jean-Marc, habillée d’un pantalon assez large et d’un pull afin d’éviter toute provocation et toute tentation.  J’hésitai à frapper à la porte de sa maison et je décidai, après longue réflexion, de passer par son jardin afin de ne pas être repérée par mes éventuels voisins qui regarderaient par leurs fenêtres. Je frappai doucement, espérant qu’il ne m’entende pas, ce qui me donnerait une bonne raison de ne pas y aller, mais il m’ouvrit la porte une demi seconde plus tard, me donnant l’impression qu’il m’attendait. J’entrait dans cette maison qui avait presque été mienne et me sentis mal à l’aise. Il y avait des affaires de Christina et de Sophie partout dans la maison. Je restais debout, sans aucun mouvement, mon sac à la main, attendant que le temps passe. Jean-Marc ferma la porte puis me demanda :
    -Tu as peur ou quoi ?
Je me retournai pour lui répondre et m’aperçus qu’il n’avait pour seul vêtement qu’un peignoir. Il ajouta :
    -Excuse-moi de ma tenue mais je viens de finir la toiture du garage et j’allais prendre ma douche. Tu veux boire quelque chose ?
    -Oui je veux bien. Apporte moi ce que tu as sauf…
    -…du café je sais.
Je me mis à rigoler car j’avais déjà presque oublié qu’il connaissait mes goûts et je me sentais donc un peu idiote.
-Tu croyais peut-être que j’avais oublié que tu aimes tout sauf le café ? Je vais te chercher à boire mais en m’attendant, assieds toi.
Il ne partit qu’un court instant puis revint avec deux verres à cocktails dans les mains. Il m’en donna un puis nous commençâmes à discuter. Après une bonne heure de discussion, de rire et trois verres de son cocktail magique, je regardai ma montre et lui dit :
    -Bon, je vais y aller
Il me supplia alors :
    -Non, reste s’il te plait. Ca me fait du bien lorsque tu es là.
    -Il faut que tu ailles prendre ta douche. Je t’ai déjà retardé d’une heure.
    -Reste la pendant que je prends ma douche. S’il te plait.
    -Bon d’accord.
Il me donna un baiser puis partit chauffer l’eau de la douche. A peine eut-il le temps de rentrer dans la salle de bain qu’il y ressortit pour me demander :
    -Tu veux peut-être prendre une douche ?
    -Comment ça ?
    -J’ai une nouvelle douche avec plein de jet de massage. Tu veux l’essayer ?
    -J’ai déjà pris ma douche
    -Tu sais, ma douche est immense et je vais m’y sentir très seul. Tu viens ?
    -Non, je ne crois pas que ce soit une bonne idée
    -S’il te plait, notre dernière douche…je pars bientôt…
Un coup de folie me traversa l’esprit. Je me levai, pris la main qu’il me tendait et nous nous dirigeâmes vers la salle de bain. Il me déshabilla délicatement puis il m’emmena dans la douche. Nos deux corps étaient collés l’un à l’autre et il m’embrassait délicatement. Il caressa doucement les courbes de mon corps puis, après quelques minutes de tendresse, il se mit à m’enlacer dans ses bras et à m’embrasser follement. Après une longue douche passionnante, il m’enroula dans une serviette, me prit dans ses bras et m’emmena dans son lit. Nous étions dans un grand moment de tendresse où se mélangeaient silence et caresses puis quelques instants plus tard, ses gestes se sont affolés. Comme un fou, il s’est mis à m’embrasser sauvagement. Nos membres s’entrelaçaient, nos corps ne formèrent plus qu’un et nous nous envolâmes tous deux dans un court voyage vers le paradis. Après ce merveilleux moment où nous étions en parfaite osmose, nous nous retrouvâmes, tous les deux, main dans la main, le regard vide, allongés, dans cet immense lit drapé de soie rouge, l’un à côté de l’autre. Nous n’avions plus rien à nous dire. Durant cet instant magique, nous avions échangé toute la passion et l’amour qu’il restait encore de notre relation. Je savais que c’était la dernière fois que nous nous reverrions mais, à cet instant, cela n’avait pas d’importance car je l’aimais. Nous restâmes sans bruit un long moment puis je pris mes affaires et partis. Quelques jours plus tard, Jean-Marc déménagea.


Bisous a tous mes chouchous

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#77 2006-08-09 11:50:07

virginie68
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Re : Lorsque le coeur est touché

merci melo smile

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#78 2006-08-09 11:51:02

la_dodie
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Re : Lorsque le coeur est touché

Chapitre 24

    C’était enfin les vacances et ma mère m’annonça que j’allais changer de collège. J’étais définitivement soulagée de ce poids qui me pesait. Mon calvaire allait se terminer. Comme je changeais de collège, je choisissais donc de changer de style et de couleur de cheveux ainsi que de ne plus jamais me laisser marcher sur les pieds comme dans le passé. La petite fille qui ne disait jamais rien et qui se laissait cracher dessus disparaîtrait à partir de ce jour. Je pris donc rendez-vous chez le coiffeur afin de me colorer les cheveux en blond platine. Cela me fit un peu bizarre de passer du châtain au blond très clair mais je m’y fis en peu de temps.

    Nous allâmes, mes parents et moi, visiter mon nouveau collège deux jours plus tard ou nous fûmes reçus par un homme très charmant à notre arrivée :
    -Lola, comment vas-tu ?
J’étais étonnée par l’amicalité de cet individu qui m’était inconnu. Je regardais mes parents d’un air abruti et d’un regard interrogateur. Mon père me sourit puis répondit à l’homme :
    -Salut François ça va ?
    -Bien et toi ?
    -Ca va.
    -Alors, que fais-tu dans le coin ?
    -J’ai rendez-vous avec ton patron, le directeur
    -Tu nous amènes ta petite dernière, Lola ?
    -Oui, comme tu peux t’en apercevoir.
Mon père avait l’air de bien connaître cet homme qui, apparemment, travaillait ici. Alors qu’il était en pleine discussion, ce fameux « François » se retourna vers moi :
    -Alors Lola, tu ne te rappelles pas de moi ?
    -Excusez moi monsieur mais non.
Il se mit à rire et continua :
    -C’est normal. La dernière fois que je t’ai vue remonte à très longtemps. En tout cas, tu as bien grandi. Je suis donc ton futur conseiller d’orientation et nous allons sûrement beaucoup nous voir l’année prochaine alors, vue que je connais ton nom, saches que moi je m’appelle François Legrec.
J’acquiesçai de la tête puis regardai mes chaussures. Mon père et monsieur Legrec se remirent à parler jusqu'à ce que le directeur de l’école, monsieur Lérmitte, vienne à notre rencontre. Nous restâmes en entretien durant une vingtaine de minutes puis nous allâmes visiter l’établissement. La visite dura une demi-heure puis nous rentrâmes chez nous. Mes vacances se passèrent bien et le jour de la rentrée arriva.


___________________________________________
Chapitre 25

    Mon réveil sonna à 10h00 afin que je prenne bien le temps de me préparer à aller en cours dans ce nouveau collège ou tout le monde m’était inconnu. Je ne commençai les cours qu’à 13h00 mais il fallait que je paraisse comme une fille gentille et bien soignée. J’étais vêtue d’un pantalon blanc, d’une veste de jogging blanche et beige légèrement ouverte qui laissait paraître un débardeur blanc. Avec mes cheveux blonds, je paraissais très gaie, vêtue de blanc.

    Lorsque je fis mon premier pas dans la cour, tous les élèves me regardèrent. Je m’assis sur un banc, regardant mes doigts et, de temps à autre, je levai les yeux afin de voir ce qu’il se passait dans la cour. La cloche retentit dans tout le collège puis quelques professeurs arrivèrent dans la cour. J’entendis quelques secondes plus tard la voix d’une femme hurler le nom de ma classe :
    -La 4°B. Venez par là !
Cette année encore, j’étais en quatrième car j’avais encore redoublé. Mes notes étaient suffisantes et mes professeurs de l’an dernier avaient décidé de me faire passer en troisième mais j’avais contesté leur choix car je ne me sentais pas capable d’aller en troisième. Je me retournai et vis une femme d’environ un mètre cinquante cinq, les cheveux blonds d’or, les yeux marrons, vêtue de vêtements entièrement noirs attendre gentiment que tout le monde veuille bien se mettre en rang. Elle paraissait assez jeune et elle portait des vêtements relativement à la mode. Elle avait un regard doux et un sourire sympathique. Nous attendîmes une ou deux minutes puis nous rentrâmes en classe. Cette femme qui était notre professeur de français et notre professeur principale se nommait madame Dortot. Nous demeurâmes avec elle deux heures de suite puis nous sortîmes en récréation. Nous restâmes en récréation quinze minutes pendant lesquelles je restai principalement avec une fille se prénommant Laura. Elle avait de longs cheveux châtains et des yeux marrons. Elle non plus n’était pas très grande mais elle portait des chaussures avec des talons compensés. Je percevai déjà en elle qu’elle avait un fort caractère et qu’elle était un chef de bande. Nous retournâmes ensuite en cours où je m’assis à côté d’elle puis nous allâmes au bout de quelques minutes faire la photo de classe. Nous finîmes les cours à 17h00. Le fonctionnement de ce collège était bien différent que de celui de mon ancien collège car avant, je commençais à 07h00 et je finissais à 16h00 pour aller rejoindre le car que je devais prendre à l’arrêt prévu à cet effet alors que dans ce collège là, je commençais à 08h00 pour finir à 17h00 et je devais attendre dans la cour que le car arrive. La surveillante ne nous laissait alors partir que lorsque notre car arrivait au parking. Je m’installai sur un banc avec Laura, ses copains et ses copines et nous nous mîmes à rigoler tous ensemble. Ils partirent tous un par un et nous nous retrouvâmes plus qu’à douze dans la cour du collège car le car que je prenais arrivait toujours dans les derniers. Je me retrouvai donc seule sur ce banc et me remis à regarder mes doigts. Soudain, je sentis quelqu’un s’asseoir à côté de moi. Je relevai la tête et vit que c’était monsieur Legrec, mon conseiller d’orientation. Je ne l’avais vu qu’une seule fois et ce fut en présence de mes parents mais je ressentais en lui une grande compréhension pour les autres. Il me paraissait comme quelqu’un qui savait bien écouter les autres et qui comprenait bien les problèmes des adolescents. Il se mit à me parler :
    -Alors Lola, comment s’est déroulée cette première journée ?
    -Et bien, pas mal ma foi.
    -J’ai pu m’apercevoir que tu discutais avec Laura
    -Oui, j’ai sympathisé avec elle
    -Elle a un sacré caractère mais c’est une gentille fille. Bon moi il faut que je m’en aille
Il se leva, me salua et partit. Je le trouvai très charmant et j’avais déjà remarqué qu’il avait plusieurs ressemblances avec Jean-Marc, ce qui me perturbait légèrement. Je restai donc seule, sur mon banc, observant de temps en temps les autres élèves se trouvant dans la cour. Le car qui m’amenait chez moi arriva une dizaine de minutes plus tard et je rentrai, sereine.

    Au bout de quelques semaines, j’avais déjà énormément de copains et copines. Je m’étais liée d’amitié avec Laura et je passais mon temps avec elle. Je parlais énormément avec monsieur Legrec et je passais beaucoup de temps à le taquiner pendant mes récréations. Je parlais aussi régulièrement avec madame Dortot qui, comme je m’en étais déjà aperçu, était une femme très gentille et sympathique. Je préférais passer mes récréations à discuter avec mes professeurs ou avec mon conseiller d’orientation car je trouvais que la discussion était un peu plus intelligente que de parler de gamineries avec les élèves de ma classe. J’essayais quand même de passer le plus de temps avec les filles de mon âge afin de ne pas paraître trop différente des autres. En peu de temps, je m’étais fait la réputation d’être une fille gentille mais de fort caractère qu’il ne fallait pas embêter. J’étais respectée des autres et je m’étais très bien intégrée. Je faisais le pitre en cours afin de faire rigoler les élèves de ma classe mais j’essayais de respecter au maximum chaque professeur. Je paraissais comme une fille joyeuse et pleine de vie alors que mon intérieur était complètement détruit. Le soir, lorsque je me retrouvais seule, je m’effondrais et je pleurais jusqu'à ce que je m’endorme.


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Chapitre 26

    Le mois de décembre était déjà là et je me croyais encore en septembre. Nous étions en cours de français et j’étais complètement distraite. Je repensais à Jean-Marc et à toutes les paroles qu’il avait tenues à mon égard. Tous ces mots d’amour qu’il m’avait doucement chuchotés à l’oreille. Mais pensait-il ce qu’il me disait ? Ces mots étaient-ils destinés à moi ou à une de ses nombreuses autres femmes qui l’entouraient ? Il ne pouvait pas m’aimer. Il jouait un jeu avec moi car j’étais jeune, naïve et fragile. Je me mis alors à écrire une lettre lui étant destinée mais je ne souhaitais pas que, lui ou qui que ce soit la lise. Elle me permettait juste de libérer ma haine, ma tristesse et mon incompréhension :
« Assise dans un coin de cette immense maison remplie de froid, je compte un à un les torts que tu m’as faits. Dans cette maison on l’on vivait ensemble plein de bonheur, je regarde ces carafes remplies de vides qui me chagrinent le cœur. Toutes ces nuits que je passais avec toi me semblent tellement vides à présent qu’elles sont maintenant des nuits de douleur. Je n’ai plus d’appétit, je n’ai plus d’envie, d’envie de sourire, d’envie de vivre. Pourquoi m’as-tu fait tant de mal ? Pourquoi ? Notre amour était grand et fort mais petit à petit tu l’as fait mourir et ma fait brûlé le cœur. Je croyais en tes mots qui me promettaient le bonheur mais au lieu de ça, tu m’as offert la douleur que je ne connaissais pas. Je croyais en toi comme en ma conscience mais sinueusement tu m’as trahi tel un serpent repérant sa proie avant de la déguster. Ma vie était belle, ma vie était joyeuse et lorsque tu m’as trahi elle est devenue morose. Je crois que je t’ai toujours aimé et que je t’aimerai toujours mais tu me fais trop mal. Je n’aurais peut-être pas du me rater lorsque j’ai essayé de me tuer mais tu es arrivé et tu m’as sauvée. Je ne voulais peut-être pas mourir mais juste t’appeler pour te demander de revenir à mes côtés. Tous les mots de la terre ne suffiraient pas pour te dire à quel point je souffre et je meurs doucement. J’en fais une overdose.
    Je reviens encore dans cette maison où nous vivions ensemble et c’est dans le silence que je souffre. Quand tu m’as donné ton amour, je t’ai donné mon âme en retour et tu l’as froissée comme un vulgaire morceau de papier que tu as jeté après l’avoir entièrement utilisé. Tu m’avais fait renaître et m’avais fait voir sous un autre jour. J’étais la personne la plus heureuse du monde mais lorsque tu m’as quittée, tu m’as mise seule face au monde. Tu m’as fait mourir… »
Au moment où je finissais d’écrire ces quelques mots de fin, madame Dortot passa à côté de moi et me prit la feuille des mains en me disant sévèrement :
    -Crois tu que ce soit le moment et le lieu pour écrire une lettre ?
    -Non madame
    -Je n’apprécie pas du tout cela Lola. Tu sais que je veux bien qu’on rigole et qu’on plaisante mais je ne veux absolument pas que, qui que ce soit, ait un comportement qui vous empêche de suivre le cour.
-Mais je suivais en même temps.
-Dis moi, de quoi parlait-on alors ?
    -Nous parlions du théâtre.
    -Mais encore…Cela fait trois cours que nous parlons du théâtre donc ce n’était pas difficile à deviner !
    -Nous parlions de Molière.
    -Raté. Cela fait une dizaine de minutes que nous avons changé de sujet.
Elle retourna à son bureau et posa ma feuille sur son bureau.

Cela me faisait de la peine d’avoir écrit cette lettre pendant son cours car je voulais être une élève sérieuse et je l’avais certainement un peu déçue. Je ne voulais en rien décevoir madame Dortot car c’était une femme très charmante, gentille, aimable et souriante. Elle enseignait très bien sa matière et me donnait envie de travailler. En plus, elle était de petite taille et j’adorais les femmes petites car cela me donnait envie de les prendre dans mes bras. Je les trouve toutes adorables et on a envie de les prendre dans nos bras pour les protéger. Elle nous distribua une feuille que nous devions lire puis elle s’installa à son bureau. Elle se mit à lire la lettre que j’avais écrite. Je me sentais mal à l’aise mais je ne protestai pas. Après l’avoir lue, elle releva la tête et me regarda. Son regard était submergé par l’émotion et elle me dit :
    -Lola, tu viendras me voir à la fin de l’heure.
J’acquiesçai de la tête puis me remis à lire. Mme Dortot resta silencieuse cinq minutes encore puis elle reprit son cours naturellement.

    La fin du cours sonna et je restai donc assise à ma place. Tous les élèves évacuèrent la salle et je me retrouvais seule, face à cette femme forte et fragile à la fois. Un éternel silence régnait puis elle le brisa avec sa voix un peu tremblante :
    -J’ai été surprise par ta lettre. Peux-tu ou veux-tu m’en parler ?
    -Je peux et je veux bien vous en parler mais je ne sais pas quoi dire
    -Cette lettre parle de toi ?
    -Oui.
    -Tu l’as donc vécu. Mais qui était-ce ?
    -C’est l’homme que j’aime.
    -Tu m’as l’air pourtant de le détester non ?
    -Il m’a fait trop de mal pour que je ne le déteste pas mais je l’aime. Il a été et il restera le seul homme de ma vie. Nous sommes restés presque deux ans ensemble.
    -Et bien dit donc, tu étais jeune.
    -Je l’ai rencontré à douze ans.
    -Et lui avait ?
Je baissai les yeux, puis la regardai à nouveau. Mes yeux étaient remplis de larmes et j’avais du mal à les retenir. Elle continua de me parler :
    -Si tu ne veux pas en parler je comprendrais.
    -Il avait vingt-sept ans de plus de moi.
Elle me regarda abasourdie puis me dit instinctivement :
    -Putain!
Je n’avais jamais entendu un professeur dire de grossièretés et je fus surprise. Elle se sentie gênée et elle s’excusa rapidement. Ensuite elle ajouta :
    -Quelle vilain garçon !
Nous continuâmes à discuter jusqu'à la fin de la récréation puis je retournai en cours, perturbée. J’arrivai en permanence, le regard vague puis je m’installai à un bureau. Je ne parlais à personne et j’étais silencieuse, ce qui était normalement impossible pour moi. Monsieur Legrec qui surveillait la permanence vint me voir puis me demanda ce qui n’allait pas. Je lui indiquai que tout allait bien et lui fit un sourire jaune. Il ne me crut pas mais retourna à sa place. Monsieur Legrec et moi nous étions énormément rapproché depuis le début de l’année et il connaissait déjà mon histoire avec Jean-Marc car je n’avais pu m’empêcher de lui raconter. Je passais mes permanence à discuter avec lui, accoudée à son bureau, le dévisageant d’un regard envieux. Il me plaisait énormément et je savais que, un jour, je lui dirais. Habituellement, je passais mon temps avec lui mais là, je n’avais pas envie de lui parler. Mes vieux fantômes me hantaient et je repensais au jeune garçon qui m’avais fais tant de mal dans mon enfance. Je repensais aussi à Jean-Marc. Je l’aimais tant.
J’aurais voulu à ce moment là, qu’il m’enlace tendrement dans ses bras. J’aurais voulu qu’il me réconforte en me disant que ce n’était qu’un cauchemar et qu’il était encore là pour moi. Je me mis légèrement à pleurer mais je réussis à me ressaisir très vite et je séchai finement mes larmes. Je ne voulais pas qu’on me voit pleurer car j’avais la réputation d’être une rebelle et je ne souhaitais pas qu’on découvre la moindre faille. La fin du cours sonna, et je rentrai chez moi comme à mon habitude par le car avec, préalablement, dit au revoir à toutes mes copines.



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Chapitre 27

    Le lendemain, nous commencions les cours avec deux heures de technologie. Laura et moi nous asseyions l’une à côté de l’autre comme à notre habitude. Je sentais qu’elle était un peu triste car elle était silencieuse et ne souriait pas. Vu que j’étais un peu la confidente de beaucoup de filles de la classe, elle se mit à me parler de ses problèmes. Nous parlâmes durant une bonne heure puis elle se mit à pleurer. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle n’allait pas bien mais elle ne pouvait s’empêcher de pleurer. Je la comprenais bien car j’avais tendance à être comme cela moi aussi. Soudain, elle prit une paire de ciseaux et la posa sur son poignet. J’attrapai la paire de ciseaux par la lame et l’attirai vers moi. Elle fut surprise et tira la paire de ciseaux à son tour. Je sentis une violente douleur dans ma main puis je vis un peu de sang couler au sol. J’ouvris ma main et pus m’apercevoir que tous mes doigts étaient entaillés. Laura eut un regard stupéfait puis elle lâcha la paire de ciseaux qui tomba au sol. Elle appela le professeur et je me rendis à l’infirmerie. Laura m’accompagna jusqu'à l’infirmerie, tremblante, en s’excusant tout le long du trajet. L’infirmière m’accueillis, m’ausculta puis elle me rassura car ce n’était qu’une plaie superficielle. Elle me fit les soins nécessaires puis je retournai en cours, les doigts soigneusement entourés par des pansements un à un, et le professeur me garda à la fin du cours ainsi que Laura. Il nous questionna :
    -Mais que ce passe t-il ?
Laura baissa les yeux et s’apprêtait à lui répondre lorsque je pris la parole :
    -Rien. Il ne se passe rien. Je voulais couper une feuille et je n’ai pas regarder ce que je faisais voila tout.
    -Est-ce bien la vérité ?
    -Tout à fait
Je paressais sûre de moi et mon regard ne flanchait pas. Je le regardais dans les yeux et je lui parlais fermement sans aucune hésitation. Il hésita longuement puis ajouta :
    -Et bien vous pouvez aller en récréation alors.
Nous prîmes nos affaires et nous allâmes en récréation. Laura me questionna alors :
    -Pourquoi n’as-tu rien dit ?
    -Je ne voulais pas que tu aies des ennuies.
    -Merci mais j’espère que tu n’en auras pas non plus.
    -Ne t’inquiète pas pour moi, je me sors de toutes les situations.
Je lui fis un léger sourire puis je partis voir monsieur Legrec en salle de permanence. Je montai doucement les marches puis je passai ma tête par la porte sans faire de bruit. Il était là, silencieux, à travailler. J’entrai à pas feutrés puis il me vit. Il me fit un sourire en ajoutant :
    -Je m’étais dit que c’était étrange que je ne t’avais pas vue aujourd’hui.
Je lui tirais la langue et il rigolait doucement. Il aperçue ensuite ma main et il me demandait :
    -Mais que t’est t-il arrivé ?
    -Un petit incident sans gravité.
    -Tu t’ais coupée ?
Après un léger moment d’hésitation à peine détectable je lui répondis :
    -Oui, une maladresse. Comme d’habitude…
Il rigola à nouveau puis nous nous mîmes à parler. J’avais beaucoup d’affection pour lui et je ne savais pas ce je ressentais réellement pour lui. J’étais encore perdue et je me confondais dans mes sentiments entre l’amour et l’amitié. Je le trouvais très gentil et très charmant. Je rêvais secrètement de lui et je mourais d’envie d’être enlacée dans ses bras. Je ne pouvais plus me passer de le voir et cette situation devenait difficile. Je savais qu’il fallait que je lui dévoile ce que je ressentais mais comment ? Me trompais-je ? Comment pouvais-je ressentir ça pour un de mes surveillants et principalement mon conseiller d’orientation ? Je ne savais plus vraiment ce que je devais faire et comment je devais réagir mais je savais au moins une chose : il m’attirait énormément. Je pris mon courage à deux mains et commençai la discussion sur le sujet :
    -C’est fou quand même cette attirance que j’ai pour les hommes d’une quarantaine d’années.
    -C’est vrai que c’est peu courant.
    -Quel âge avez-vous déjà ?
    -Pourquoi veux-tu savoir cela ?
    -Car j’aime bien savoir à qui je m’adresse mais il ne faut pas répondre à une question par une question le saviez vous ?
Il se mis à rire puis me répondit :
    -J’ai quarante et un an.
    -Ou la la !
    -Et bien quoi ?
    -Non rien. En tout cas monsieur, je vous trouve extrêmement beau et charmant.
    -Merci Lola.
    -J’aime bien les hommes comme vous.
    -C’est bon Lola j’ai compris le message.
Je me mis à ce moment là à rougir. Je lui répondis après un long silence :
    -Quoi ? Quel message ?
    -Ne te moque pas de moi Lola. J’ai compris à quoi tu voulais en venir. Le problème est que tous les professeurs, surtout les femmes, me disent qu’il faut que je fasse attention à toi car, pour eux, tu es « une mangeuse d’hommes » mais moi je sais que tu as un profond problème et que ton aspect extérieur de grande séductrice un peu rebelle révèle une véritable sensibilité. En attendant, il va falloir que l’on mette des barrières entre nous car je risque ma carrière. Les professeurs connaissent tous ton passer. Ils parlent énormément de toi et beaucoup de suspections traîne de notre relation. Je ne veux pas prendre le moindre risque et je ne veux surtout pas que tu te fasses de mal. Je sais que tu es quelqu’un de bien.
    -Vous voulez qu’on mette des barrières ?
    -J’aimerais oui.
    -Très bien.
Je fus très déçue. Je pris mes affaires et partis. Je dévalai les marches à toute allure et me réfugiai dans les toilettes. Je m’y enfermai et je repensai à ce que monsieur Legrec m’avait dit. Mes professeurs pensaient que j’étais une séductrice. Il n’avait peut-être pas tord mais je n’étais certainement pas une « mangeuse d’homme ». Comment pouvaient-ils me juger ainsi ? A ce moment là, j’étais très énervée après tout le monde. Je ressassais sans cesse ce qu’il m’avait dit jusqu'à ce que l’heure du cours suivant arrive. Je me rendis en cours d’histoire énervée. Mon professeur d’histoire était une femme et je ne pus m’empêcher, en rentrant, de me demander ce qu’elle pensait et disait de moi. Durant la première demi-heure, je n‘écoutais absolument rien puis nous dûmes ouvrir notre livre à la page quarante six. Nous étions en plein cours sur les rois de France et nous vîmes plusieurs photos de différentes peintures représentant chaque roi de France. La classe était très bruyante et notre professeur n’arrêtait pas de râler. Soudain elle nous dit :
    -Je vous préviens, le prochain qui parle, je le colle.
Nous reprîmes le cours très silencieusement et nous arrivâmes à une représentation d’un roi vêtu de fourrure très épaisse. Elle nous informa qu’il portait cette tenue hiver comme été et j’ajoutais à cette information :
    -Et bien dite donc, il doit avoir chaud en été !
Mon professeur se mit alors à me crier dessus et me demanda mon carnet de correspondance afin d’y mettre un mot pour mes parents. Je fouilla dans mon sac, pris mon carnet et lui jeta sur le bureau. Elle me dit alors :
    -Tu me prends pour ton chien ou quoi ?
    -Non pourquoi ?
    -Viens m’amener ton carnet dans les mains.
Je me levais, pris mon carnet et lui remis dans les mains avec un sourire narquois. Elle ajouta alors :
    -Et en plus tu te moques de moi hein ?
    -Moi ?!? Je n’oserais jamais ! lui dis-je en prenant un air stupéfaite et moqueuse.
-Vas t-en !
    -Comment ça ?
    -Tu es virée de cours avec une colle en prime. C’est assez clair ?
    -Ah oui, bien clair !
Elle m’écrivit un mot à remettre au surveillent puis je pris mes affaires et partis de cour en claquant la porte le plus fort que je pouvais. Je me rendis en salle de permanence en prenant mon temps. J’y rentrai et je m’aperçus très vite que, comme par hasard, monsieur Legrec était le surveillant. Je lui remis le mot puis je m’assis à une place. Je fis du travail personnel puis la fin du cours sonna. Je me rendis à mon cours suivant et ainsi de suite jusqu'à la fin de la journée. Le soir, je m’installai tranquillement dans mon lit et je me mis à chanter comme à mon habitude. Je repensais en même temps à monsieur Legrec et à ce qu’il m’avait dit. Je réalisai qu’il n’avait pas tord mais j’étais trop fière pour aller le lui dire ou encore pour lui pardonner. Il voulait mettre des barrières entre nous, moi, je lui en mettais des immenses devant le nez. Des barrières infranchissables. Elles ne seront pas prêtes d’être enlevées car, vu que j’étais extrêmement têtue et fière, je ne voulais les enlever sous aucun prétexte.


Bisous a tous mes chouchous

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#79 2006-08-09 14:23:28

fandelorie
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Re : Lorsque le coeur est touché

bravo la_dodie...


Eleveuse De Laekenois, Prix MiiNii Le C0uplee
Allez A SaiZiir, Bizou`x3 à Pich `Wolfgirl27,
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#80 2006-08-09 14:33:40

virginie68
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Re : Lorsque le coeur est touché

voila tous lu hmm maintenant va falloir attendre 1mois pour le reste sad tampis smile

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#81 2006-08-09 16:03:40

rubis2
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Re : Lorsque le coeur est touché

1 mois yikes sniff !

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#82 2006-08-22 09:07:48

mimidolly
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Re : Lorsque le coeur est touché

On veut la suite, mélo! wink

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#83 2006-08-24 11:09:14

virginie68
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Re : Lorsque le coeur est touché

je crois qu'on l'aura jamais hmm wink

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#84 2006-08-24 11:15:46

mimidolly
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Re : Lorsque le coeur est touché

virginie68 a écrit :

je crois qu'on l'aura jamais hmm wink

sad

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#85 2006-08-24 12:57:54

helya
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Re : Lorsque le coeur est touché

Et bien je viens de découvrir...
Les mots m'en tombent de la bouche yikes

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#86 2006-08-24 18:30:19

nuttela
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Re : Lorsque le coeur est touché

j'adoreuhhhhh smile !!! j'ai ate de lire la suite dommage qu'il faut attendre.


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#87 2006-09-11 15:29:59

coralie1812
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Re : Lorsque le coeur est touché

alors il n'y a pas de suite?? domage!


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#88 2006-09-11 19:07:18

rubis2
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Re : Lorsque le coeur est touché

Plus personne ?? sad

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#89 2006-09-11 19:49:40

coralie1812
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Re : Lorsque le coeur est touché

ladodie! ladodie! ladodie!!
(ambiance spectacle lol)


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#90 2006-09-15 21:50:11

rubis2
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Re : Lorsque le coeur est touché

:lol ladodie!! ladodie !!!!

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